Gravir le plus haut sommet de chaque Pays d’Europe
En 2025, je suis partie seule en van pour un tour d’Europe à la découverte des plus beaux sentiers de randonnée. C’est lors de l’ascension du Mont Olympe, en Grèce, qu’une idée un peu folle m’est venue : « Et si je gravissais le plus haut sommet de chaque pays d’Europe ? ».
Depuis ce jour, je me suis lancée dans ce défi unique.
Ici, je vous partage les points culminants de chaque pays européen, avec des photos, des itinéraires détaillés, des conseils pratiques et bien plus encore !
1er sommet – Dinara Croatia 1830m – 01 mai 2025
Le Dinara est une randonnée sans réelle difficulté technique, bien qu’elle présente un bon dénivelé et quelques sections rocailleuses. Le sommet se trouve à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine. Lorsque je l’ai gravi début mai, la chaleur était déjà bien présente, prudence notamment avec les serpents. Une fois au sommet, le panorama est magnifique. Attention également : il y a très peu de places pour se garer au point de départ, il est donc conseillé de partir tôt.



2ème sommet – Mytikas Grèce 2918m – 05 juin 2025
Ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre, j’ai choisi de découper l’ascension du Mytikas en deux étapes. La première m’a menée jusqu’au refuge Spilios Agapitos, situé à environ 2 100 m d’altitude, et la seconde jusqu’au sommet. Il est tout à fait possible de faire l’ascension d’une seule traite depuis Prionia, mais il faut garder en tête qu’il y a environ 1 800 mètres de dénivelé positif, ce qui en fait une montée longue et exigeante.
En dormant au refuge (ou du moins en y essayant !), j’ai quand même décidé de partir très tôt : 5h45. Je savais que le Mont Olympe était un sommet populaire, mais je ne m’attendais pas une seule seconde à être la première à prendre le départ ce jour-là. La météo était incroyable, et le lever de soleil rougeoyant.
La dernière portion de l’ascension, entre les sommets de Skala et Mytikas (le point culminant à 2 918 m), change complètement d’ambiance : on quitte le sentier pour une progression en mode « escalade » de niveau III (équivalent UIAA I-II). Cela signifie que l’on doit utiliser les mains pour grimper, avec des passages exposés et du vide de chaque côté. Prudence absolue : même si ce n’est pas de l’escalade technique, une chute serait dramatique. Ce passage est à éviter par temps humide, venteux ou brouillard.
Arrivée seule au sommet à 8h du matin, j’ai ressenti une joie immense. Le panorama était à couper le souffle, baigné dans la lumière dorée du matin. J’ai savouré ce moment unique pendant près d’une heure, totalement seule… avant que le flot de randonneurs n’arrive en masse, rappelant que le Mont Olympe, mythique et sacré, est aussi très fréquenté !



3ème sommet – Musala Bulgarie 2925m – 17 juin 2025
Le sommet du Moussala est normalement accessible via une télécabine depuis Borovets, qui vous dépose au refuge de Yastrebets. De là, il reste environ 750 mètres de dénivelé positif pour atteindre le sommet, avec une dernière portion principalement rocheuse.
Le téléphérique fonctionne uniquement de fin juin à fin septembre et coûte environ 18 € aller-retour.
Pour ma part, j’y suis allée une semaine avant l’ouverture officielle, sans le savoir… J’ai donc dû partir depuis le bas de la station, ce qui représente une belle ascension, bien plus longue.
Mais l’effort en valait la peine : j’ai eu la chance d’être seule au sommet, ce qui est rare en été, car il devient très fréquenté !
Au sommet, vous croiserez peut-être le chat mythique du Moussala, qui vous accompagne sur le sentier.
Pour les plus courageux, l’ascension depuis Borovets à pied est tout à fait faisable si vous partez tôt le matin, c’est long, mais grandiose.



4ème sommet – Midžor Serbie 2169 m – 21 juin 2025
Le point culminant de la Serbie se situe exactement à la frontière avec la Bulgarie, ce qui le rend accessible depuis les deux pays !
L’ascension est plus facile côté serbe, avec un dénivelé positif de 650 mètres.
De mon côté, étant en Bulgarie, j’ai choisi d’y accéder par ce versant. Une belle et longue randonnée mais sans réelle difficulté technique.



5ème sommet – Moldoveanu Roumanie 2544m – 27 juin 2025
Le Moldoveanu est accessible depuis trois versants, et j’ai choisi d’y monter par l’itinéraire le plus populaire : Stâna lui Burnei.
Attention toutefois : l’accès en voiture est particulièrement long. La dernière portion de route fait 35 km sur une piste forestière pleine de cailloux et de nids-de-poule… Il faut plus de 3 heures pour la parcourir ! Je vous recommande donc vivement d’arriver la veille et de dormir au pied de la montagne.
Dès le début du sentier, des panneaux signalent la présence de vipères et d’ours. Et ce n’est pas une exagération : j’ai croisé deux vipères et aperçu un ours au loin, de l’autre côté de la montagne.
Je vous conseille vivement de faire la boucle complète comme moi (plutôt qu’un aller-retour) : elle est absolument sublime. Entre rivières, fleurs, lacs alpins et vallées verdoyantes, c’était vraiment magnifique.






6ème sommet – Kékestető Hongrie 1014m – 04 juillet 2025
Un sommet accessible… très accessible !
La Hongrie est connue pour ses plaines à perte de vue, et ce n’est pas une légende : le pays est presque entièrement plat. Le Kékes, point culminant de la Hongrie avec ses 1 014 mètres, peut d’ailleurs être atteint en à peine cinq minutes en voiture.
Mais pas question pour moi de choisir la facilité : j’ai préféré partir à pied depuis Mátraháza pour faire une belle boucle en forêt, histoire de mériter un peu plus ce sommet.



7ème sommet – Gerlachovský štít Slovaquie 2655m – 08 juillet 2025
C’est le seul sommet en Europe où la présence d’un guide est obligatoire, et on comprend pourquoi !
5 km d’ascension à travers des rochers, sans aucune indication…
Première fois où je suis encordée, quelle expérience !
Jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas si on pourrait partir à cause des prévisions d’orage et de pluie. Finalement, l’alerte a été repoussée à 13h… Denis mon guide m’a dit « Let’s go! » et on y aller départ 4h45 et c’était clairement le moment parfait !!
Très peu de monde et une mer de nuages juste wow
Il a juste commencé à pleuvoir sur les 30 dernières minutes de descente.
C’est l’un de mes sommets les plus exigeants que j’ai fais jusqu’à présent.
Un immense merci à @enjoytatras et à la région @regionvysoketatry pour leur soutien dans mon projet et un merci tout particulier à mon guide, Denis.
Pour réserver un guide, vous pouvez les contacter sur Instagram à : @horskyvodca_michalgercak, @horsky_vodca_com !






8ème sommet – Rysy Pologne 2503m – 15 juillet 2025
J’ai atteint le point culminant de la Pologne, le Rysy (2 501 m), dans le cadre d’un trek dans les Tatras, une magnifique chaîne de montagnes partagée entre la Pologne et la Slovaquie. Le sommet marque d’ailleurs la frontière entre les deux pays, ce qui rend possible l’ascension depuis l’un ou l’autre côté.
Dans mon cas, j’ai choisi de monter par le versant polonais, un itinéraire plus exigeant et technique, avec de nombreux passages équipés de chaînes, un terrain rocailleux et raide, et une ambiance minérale intense. Pour la descente, j’ai opté pour le côté slovaque, bien plus doux et progressif, ce qui permet de faire une belle traversée.
Ce jour-là, j’ai eu de la chance avec la météo : les prévisions annonçaient pluie et orages dès la fin de matinée. J’ai donc décidé de partir à 5h du matin. Quelques personnes m’avaient devancée sur le sentier, et lorsque j’ai atteint le sommet, nous n’étions qu’une petite dizaine à en profiter. Un randonneur local m’a glissé que, certains jours d’été, plus de 100 personnes s’y entassent en même temps, je n’ose même pas imaginer l’ambiance…
Je suis restée environ 30 minutes là-haut, à savourer la vue sur les lacs et les crêtes déchiquetées du massif. Une chose est sûre : les Polonais sont d’excellents randonneurs, très nombreux sur les sentiers, et particulièrement aguerris à leur terrain alpin.



9ème sommet – Sněžka République Tchèque 1603m – 19 juillet 2025
Le point culminant de la République tchèque se trouve tout près de la frontière polonaise. C’est une randonnée accessible, sans difficulté majeure. J’ai choisi de la faire au coucher du soleil, et le spectacle était tout simplement magique ! Le retour s’est fait à la lumière de la frontale.



10ème sommet – Møllehøj Danemarl 171m – 29 juillet 2025
Eh oui, cela peut sembler incroyable, mais me voilà bien au sommet du Danemark, à 170 mètres d’altitude ! Le pays est d’une platitude étonnante. Le point culminant se trouve littéralement au milieu d’une ferme, juste à côté des vaches.



11ème sommet – Kebkenaise Suède 2106m – 13 août 2025
J’ai gravi le Kebnekaise lors de mon trek sur le Kungsleden. Heureusement, j’avais anticipé que le sommet se situait sur un glacier et qu’il fallait des crampons ; j’avais une petite paire avec moi que j’ai donc emportée. La montée a été assez raide, principalement sur de gros blocs rocheux, ce qui demandait une concentration constante. Je suis partie tôt, vers 6 h du matin, sachant que l’ascension serait longue.
La dernière partie s’est faite sur le glacier. Mais ce que je n’avais pas réalisé, c’est qu’il existe en réalité deux sommets : le Kebnekaise sud et le Kebnekaise nord. En haut, sans réseau, j’ai hésité sur la suite à donner à mon ascension. J’étais sur le sommet sud, sur le glacier, sans harnais ni piolet. J’ai finalement décidé de suivre la trace indiquée par mon application vers le nord.
Très vite, je me suis retrouvée à avancer sur une arête étroite, le vide de chaque côté, consciente qu’un faux pas pouvait m’être fatal. J’ai croisé une grande crevasse, et dans le brouillard je distinguais à peine ce qui se trouvait devant moi. J’ai fini par atteindre un mur de rochers instables, glissants à cause de la pluie de la veille. Devais-je grimper pour rejoindre le véritable sommet ? J’étais seule, sans visibilité, à quelques dizaines de mètres à peine du point culminant du nord. Mais j’ai finalement pris la décision de rebrousser chemin : le risque était trop grand.
Sur le retour, j’ai croisé un guide qui m’a confirmé que l’accès au sommet nord nécessitait un équipement d’alpinisme. Il m’a aussi expliqué qu’il y a quelques années, le glacier sud était encore le point culminant, mais qu’avec la fonte des glaces, c’est désormais le nord qui est le plus haut.
J’étais frustrée d’avoir le sommet juste en face sans pouvoir l’atteindre, mais satisfaite malgré tout : le Kebnekaise, je l’ai gravi mais peut-être pas le véritable Kebkenaise.



12ème sommet – Halti Finlande 1324m – 16 août 2025
J’ai clairement sous-estimé ce sommet… Je me suis dit “ok, seulement 6 kms pour y aller, 1320 m d’altitude ce n’est pas énorme, tranquille” sans vraiment me renseigner. Grosse erreur !
Je suis partie bien trop tard (17h30), la météo semblait correcte en bas mais elle s’est rapidement dégradée. Très vite, je me suis retrouvée prise dans un brouillard épais : je ne voyais plus rien autour de moi. Le vent soufflait fort, il faisait froid, et tout le chemin se faisait sur des rochers glissants à cause de l’humidité. Aucune trace, aucun balisage… J’ai fini par me perdre plusieurs fois à la descente me faisant revenir à ma voiture qu’à 23h15. Fière d’avoir brandi le drapeau laissé par un Australien un mois plus tôt, engagé dans le même projet que moi. Une belle passation de relais à l’international !



13ème sommet – Galdhøpiggen Norvege 2469m – 03 septembre 2025
Départ à 4h du matin, seule à la frontale, avec l’espoir d’admirer un lever de soleil… La météo annonçait un soleil ce matin, d’ailleurs c’était le seul moment de la semaine !
Echec ❌
À la place du soleil, c’est la neige qui m’a accueillie.
Jamais deux sans trois : après la Suède et la Finlande, me voilà au sommet de la Norvège… dans un brouillard total. Les conditions étaient du coup plus difficiles que prévu. Le sentier, entièrement sur des rochers, demandait une attention constante pour éviter les glissades avec la neige (spoiler : j’ai glissé et mon bâton s’est cassé). Il fallait aussi que je sois vigilante aux marques pour ne pas me perdre sachant qu’il n’y avait pas un chat.
Et comme toujours, le ciel bleu a décidé de se montrer à la descente (sinon ce n’est pas drôle !).






14ème sommet – Vaalserberg 322 m – 18 septembre 2025
Ce sommet est littéralement accessible en voiture, puisqu’un parking se trouve à une vingtaine de mètres ! Mais pas question de zapper complètement l’effort : j’ai tout de même fait une petite balade autour, histoire de mériter un peu plus ce sommet.
Petite erreur de ma part toutefois : j’ai pris une photo avec les trois drapeaux (Allemagne, Belgique et Pays-Bas) en pensant que c’était le point culminant des Pays-Bas… mais non, c’était le point qui se trouvait au milieu des trois pays ! En réalité, le vrai sommet se situe une vingtaine de mètres plus bas, sur la même place. Autrement dit, je suis littéralement passée à côté sans m’en rendre compte. J’étais bien au bon endroit… mais pas avec la bonne photo !
15ème sommet – Signal de Botrange 694 m – 19 septembre 2025
Le sommet de la Belgique se trouve à seulement une heure de celui des Pays-Bas. Lui aussi est accessible depuis un parking, mais j’ai choisi de faire une courte balade tout autour pour découvrir les environs. Le sentier emprunte des pontons au cœur de la nature, une promenade simple mais agréable.
16ème sommet – Kneiff 560 m – 19 septembre 2025
Le sommet du Luxembourg se trouve lui aussi à environ une heure de celui de la Belgique. J’ai donc enchaîné dans la même journée pour y arriver au moment du coucher du soleil. Le sommet est aussi accessible directement en voiture, mais j’ai tout de même fait une balade autour comme à mon habitude.
Ce jour-là, le drapeau était hissé : je sais qu’il n’est pas présent toute l’année, et j’apprécie particulièrement quand le drapeau du pays flotte au sommet. Ici, le point culminant se situe au milieu d’un champ, et les couleurs du ciel au coucher du soleil étaient tout simplement magnifiques.
J’ai ensuite continué à marcher entre les prairies, entourée de vaches, avant de terminer ma journée à la frontale, sous un splendide ciel étoilé.
17ème sommet – Zugspitze 2 962 m – 21 septembre 2025
Départ à la frontale à 4h30 du matin, sous un ciel étoilé, depuis Garmisch !
Ce sommet se gravit généralement sur deux jours avec une nuit en refuge, mais la pluie étant annoncée toute la semaine, je n’avais pas vraiment le choix : il fallait tenter l’ascension en une seule journée.
Je connaissais le dénivelé près de 2 500 m d’un coup mais je ne savais pas si j’en étais vraiment capable. Je ne l’avais jamais fait auparavant !
La première partie s’est bien passée : environ 18 km pour 900 m de dénivelé positif.
Mais la seconde a été une toute autre histoire : 6 km pour 1 600 m de montée, dans un terrain de caillasse parfois instable.
Arriver au sommet a été un immense moment de fierté. Dans ce projet, j’apprends à me dépasser, à me défier, à oser davantage. Et ce jour-là, j’étais fière d’avoir atteint ce nouveau sommet, seule.
La vue là-haut est incroyable. Le seul bémol, c’est que le téléphérique rejoint directement le sommet, ce qui attire beaucoup de monde. Certains montent jusqu’à la croix emblématique uniquement pour la photo, sans avoir fourni le moindre effort forcément, la fierté n’est pas la même ! Ils paient tout de même 66 €, mais cela n’empêche pas les visiteurs d’affluer.
De mon côté, j’ai choisi de redescendre en téléphérique (44€ aller), le mauvais temps étant annoncé pour le lendemain : impossible de tout redescendre à pied dans ces conditions. Le téléphérique descend jusqu’à Eibsee, puis un bus ramène à Garmisch.